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 [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]

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Alexandre Akilydes
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MessageSujet: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Mar 1 Déc 2015 - 21:26

*Bip* *Bip* *Bip*

- Qu'en est-il?
- Son état est stable, on peut le réveiller quand vous voulez monsieur.
- Parfait. Il vous a donné du fil à retordre hein?
- Vous n'avez pas idée. Multiples fractures, poumon et autres organes perforés, brûlure dans le dos... Le pire aura été sa blessure à la colonne vertébrale. Toute la partie basse était en bouillie.
- Mais vous l'avez remis sur pied pas vrai?
- Oui monsieur. Je ne pensais pas qu'on aurait accès à autant de moyens. L'ONI le veut vraiment pas vrai?
- Disons que c'est une pièce intéressante, et qu'elle vaut quelques dépenses. Réveillez le dans 5 minutes, il faut que je lui parle avant qu'un "ancien ami" ne lui rende visite.
- A vos ordres.

*
*  *

Une silhouette en robe blanche s'approchait doucement du visage d'Alexandre. La jeune femme, souriante, frôla de sa main le visage buriné du rebelle, chassant les larmes qu'il versait. Cette silhouette, c'était elle, c'était sa femme. Il n'avait put la sauver, elle avait été abattue, juste devant lui, juste devant la foule. Tuée par un fou ivre de pouvoir. Assassinée en martyr devant une foule de civil qui allait par la suite subir un sort tout aussi tragique, devant les regards incompréhensifs des policiers, et des marines obéissant aux ordres.

Tentant d'attraper celle qui se tenait devant lui, le jeune homme trébucha tandis que la dame vacillait avant de disparaître, prouvant qu'elle n'était plus qu'une illusion d'un passé révolu, un fantôme que jamais il ne pourrait atteindre. C'est alors qu'Akilydes remarqua le décor autour de lui, un véritable charnier humain. Des cadavres entassés les uns sur les autres. Certains étaient des soldats de l'UNSC, certains étaient civils, certains étaient rebelles. Sentant l'angoisse serrer sa gorge, l'ancien marginal commença à courir pour s'échapper de cette scène infernale, en vain. Chaque fois qu'il tentait de fuir, il se rapprochait de tas de cadavres encore plus grands. C'est alors qu'il le vit. Le type en costard. L'ordure qui neutralisa tout espoir de rédemption pour le rebelle en même temps qu'il mettait fin à la vie de son aimée. Miller. Cette ordure se tenait en haut du tas de cadavres le plus imposant. Fou de rage, Alilydes commença à grimper, s’agrippant aux morceaux de corps sur son chemin, il sentait les os des morts craquer sous son poids, et surtout, surtout, il sentait l'odeur de chaire brûlée, il sentait le parfum de Washington. Une fois parvenu au sommet, il attrapa l'homme qui lui faisait face et souriait. Ce dernier riait aux éclats. Le frappant au visage, Akilydes s'arrêta net. L'homme en costard, avait son propre visage.

- Réveillez-vous Alexandre.

*
*  *

La vision de l'ex-rebelle était particulièrement floue alors qu'il rouvrait les yeux. Seul un plafond blanc lui faisait face, alors qu'une douleur vive lui tiraillait la poitrine. Sa tête était lourde et après quelques toussotements, l'homme eut dut mal à bouger ne serait-ce que la main. La joie de sortir d'un coma artificiel. Alexandre ne se souvenait que très peu de ce qu'il s'était passé avant son sommeil. Il se souvient de la douleur après l'effondrement du bâtiment, de cette ruelle ensanglantée où il avait rampé lamentablement, et où il l'avait vu, celui qui l'avait récupéré. C'est vrai... L'ONI avait récupéré son corps pour que celui qui était un ancien ennemi du système devienne l'un de ses chiens de chasse. Un loup sauvage apprivoisé. Pourtant, malgré le fait que sa conscience lui hurlait de se battre et ne pas accepter son état, il savait au fond de lui que cet état lui permettrait d'un jour se venger. Et de continuer d'avancer, comme elle l'aurait voulu. Toussotant en se redressant, Alexandre entendit quelque chose craquer dans son dos. Passant sa main par instinct, il sentit les cicatrices des divers greffes qu'on lui avait fait pendant son coma. Les soins avaient dut être massif.

- Vous en avez mit du temps Akilydes. Pendant un instant, l'ONI a pensé que vous ne souhaitiez plus vivre et que nous avions gaspillé nos ressources en vous opérant.
- Qui... Qui êtes-vous?
- Agent Batrowski. Je suis votre superviseur.
- Mon.. Je ne comprends pas...
- Je comprends que cela doit être un peu difficile. Vous avez été récupéré par l'ONI dans le cadre d'une réhabilitation un peu spéciale. Les huiles pensent que vous êtes assez utile pour ne pas être éliminé sur le champ. Par conséquent, vous avez rejoint le programme spectre. Vous allez devenir un de nos chiens de chasse. Seulement, vous êtes un peu spécial, vous êtes resté dans le coma assez longtemps pour que nous puissions faire une réhabilitation complète.
- J'ai dormi combien de temps?
- Un an et trente jours. Si j'ai bien compté. Vous étiez en piteux état quand vous êtes parvenus ici. Vous avez subi de nombreuses greffes, principalement pour remplacer vos organes perforés, et surtout, nous avons ajouté de nombreuses plaques et alliages sur votre colonne vertébrale afin que vous puissiez marcher de nouveau. Vous nous avez coûté presque aussi cher qu'un spartan.
- Un...
- Oui, ils existent. C'est pour ça que vous aviez été initialement placé en détention, par peur que lorsque vous aviez fouillé dans nos dossiers, vous ne révéliez l'information. Le fait d'être jeune vous a d'ailleurs sauvé la vie à l'époque. Enfin, j'ai lu tout votre dossier, et je pense que c'était un peu extrême. Quoiqu'il en soit, c'est du passé. Bon retour parmi les vivants Akilydes, même si je doute que ce retour ne vous soit très plaisant. Habillez-vous, j'ai des choses à vous dire.

Se levant avec difficulté, l'homme attrapa les vêtements qui étaient posés à côté de son lit. Son interlocuteur quitta alors la pièce, lui laissant le temps de les enfiler. Ces derniers étaient noirs, et simples. Le symbole de l'ONI était placé au niveau du cœur, rappel de l'état de l'ancien fugitif. Alexandre observa alors un rasoir électrique posé contre un évier. S'observant dans un miroir, l'homme se rasa, laissant seulement une barbe courte. Il avait les cheveux plus longs aussi, forcément, après autant de sommeil... Cognant à la porte pour que son interlocuteur entre de nouveau, ce dernier ouvrit simplement la porte et intima à Alexandre de le suivre. Ce dernier s’exécuta, silencieux. Le bourdonnement typique d'une radio grésilla alors dans son oreille, le faisant grimacer. Une voix féminine vibra alors dans son esprit.

- Synchronisation achevée. Bonjour Alexandre. Je me présente, Akemi, IA du SRN et votre assistante personnelle.

Le visage perplexe de l'ancien rebelle étira un autre rire à l'agent qui marchait à ses côtés.

- Quand je vous disais que vous nous aviez coûté cher, je ne rigolais pas. Nous avons profité de votre sommeil pour quelques... Ajustements. L'un de vos tympans était percé à cause des explosions, et plutôt que simplement le réparer, nous avons décidé qu'il serait plus intelligent d'implanter une nouvelle oreille plus.. Performante. Ce petit bijou de technologie est directement relié à vos implants neuronaux. Pour peu, on pourrait dire que vous approchez d'un cyborg, mais vous êtes encore trop humain pour cela. La petite voix que vous avez entendu est l'IA qui vous assistera dans vos futures chasses. Il s'agit d'un moyen d'être plus efficace quand vous serez en mission.
- Et de me surveiller.
- Exactement. L'ONI n'a jamais réellement eu confiance en ses hommes, surtout depuis les événements de l'année passée. Nous devons être certains qu'aucun de nos agents ne joue double jeu. L'intelligence artificielle qui vous accompagnera est reliée à votre casque. Ses fonctions ne sont pas très avancées, mais elles sont assez utiles pour vous aider dans les différents piratages informatiques que vous devriez réaliser. Nous voulons augmenter votre potentiel.
- Quel charmant cadeau.
- Vous êtes sarcastique? Parfait, je vois que vous vous remettez vite sur pied.
- Je ne comprend pas pourquoi vous prenez tant de risque pour un ancien rebelle. Je me moque bien du SRN et du CSNU. Je souhaite juste le tuer.
- C'est précisément pour cela que vous avez attiré notre attention. Vous avez de nombreux talents que nous pouvons utiliser. Vous n'avez aucune attache patriotique, donc par ce fait, vous ne vous mettrez pas en travers de nos décisions si nous décidons de nous en prendre à telle ou telle base rebelle. Vous avez quitté la cause et ses valeurs, mais jamais les services de renseignements ne vous ont donné votre chance. Nous voulons changer cela. Nous aurions dut le faire bien plus tôt en fait, mais lorsque Miller dirigeait, et que votre fiancée était captive, nous ne pensions pas que cela était une idée brillante.

Alexandre stoppa alors de marcher, serrant le poing et la mâchoire face à ces mots. Miller... Rien qu'entendre son nom parvenait à énerver le veuf.

- Ne croyez pas pouvoir me laver le cerveau aussi facilement monsieur Batrowski. Je ne partage pas votre vision des choses. Vous n'êtes pour moi qu'un moyen de venger ma femme.
- Et nous voyons en vous un chien de chasse capable d'abattre nos ennemis. Chance pour vous, Miller en fait maintenant partie. Nous ne demandons pas que vous soyez aussi loyal qu'un dobermann Akilydes, simplement que vous soyez aussi efficace quand il faut défendre nos intérêts. Seulement, il va falloir que vous vous prépariez à travailler avec les pires salauds que l'armée peut avoir. Et croyez-moi, il y en a pas mal. Vous n'êtes plus vous. D'ailleurs, officiellement, vous êtes mort. De par ce fait, oubliez vos anciennes valeurs et vos anciens jugements. Seul l'ONI compte désormais. L'ONI et votre vengeance, bien sûr.
- Je pense que je serais capable de traiter avec ces "salauds"...
- Non, je vous assure, vous aurez besoin d'un temps d'adaptation. Même si visiblement, vous excellez dans ce domaine. Par contre, j'ai une question pour vous. Votre vengeance est-elle si importante? Est-ce que vous accepteriez de tuer vos anciens amis pour cela?
- Sans hésiter.
- Parfait. Vous êtes définitivement le chien de chasse qu'il nous fallait. Suivez moi.

Ils entrèrent alors dans une pièce assez sombre. Cette dernière ne possédait qu'une table avec écran holographique, ainsi que quelques chaises. Au fond de la pièce, se trouvait une armoire où reposait une combinaison noire, ainsi qu'un casque particulier.

- Voici votre tenue de travail Akilydes. Vous pourrez l'enfiler quand votre futur meilleur pote sera arrivé.
- De qui s'agit-il?
- Vous verrez par vous même, c'est aussi un moyen de voir si effectivement, vous pouvez supporter vos anciens ennemis. Sachez juste qu'il aide l'ONI assez souvent, c'est un avantage des forces spéciales. Et puis, dans votre cas, il servira de lien avec le CSNU. Vous coopérerez dans votre première mission. Et il sera celui qui nous fera un rapport sur vos comportements pendant cette dernière.
- Mon IA personnelle n'est pas suffisante pour cela?
- Si bien sûr, mais nous voulons l'avis d'un psychopathe.
- Je vois. Bien, qu'est-ce qu'on attend?
- Moi.

Un long soupir s'échappa de la gorge d'Alexandre. Il se souvenait du propriétaire de cette voix...
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Carl Sorince
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Lun 7 Déc 2015 - 14:06

Preston détestait cette affectation. Surveiller des bâtiments normaux, ce n'était déjà clairement pas le boulot rêvé pour un marines. Mais là, en plus...Son escouade avait été affectée à la défense de la base du SRN. Ce qui était, à ses yeux, sans le moindre doute, huit fois pire. Tout les jours, quelque chose de louches se passait ici. Parfois, des types débarquaient avec des colonnes de prisonniers aux visages couverts, justificatif à la main, et demandaient à ses hommes chargés du contrôle des cellules de tout simplement...Partir. D'autrefois un ou plusieurs types au visage masqué -encore- sortaient d'un véhicule blindé aux vitres réfléchissantes pour marcher d'un pas décidé jusqu'à l'entrée arrière du bâtiment en écrasant parfois littéralement ceux qui se mettaient en travers de leurs chemins. Ce qu'ils étaient, Preston se le demandait toujours : Des VIP? Des agents secrets recherchés dans plusieurs systèmes? Des covenants déguisés? Le sergent n'en savait foutre rien, toujours est-il que ces salopards finissaient invariablement par sortir un papier signé par un ou plusieurs gros bonnets les autorisant à pénétrer ici-bas sans se donner la peine de se découvrir le visage. La vérification vocale suffisait apparemment, eh bien soit, pourquoi pas. Mais alors qu'est-ce que ces hommes et lui foutaient là, bordel?
Une silhouette voutée se dessina à l'entrée de la cour avant du bâtiment, et Preston soupira. Il avait presqu'oublié les originaux de ce genre-ci. Surtout celui-là. Carmen, à sa gauche, soupira en tapant dans le sable à ses pieds, indiquant à son supérieur qu'elle aussi, elle l'avait vu.
Celui-là, il ne ressemblait pas à un prisonnier, ou à un VIP, un informateur, un agent secret ou à un haut-gradé. Non, celui-là avait juste la gueule et l'attitude du plus louche des mecs louches. Pas d'air grave ou hautain ancré sur le visage, juste un sourire moqueur, dévoilant des dents beaucoup trop pointues pour être naturelles. Pas de costard, ou de gilets pare-balles. Juste un tee-shirt et un treillis noir aux poches avant constamment occupées par ses deux mains. Pas de nom de codes ou d'appellations secrètes, juste un nom et un prénom : Sorince Carl. Au premier coup d'oeil, avec sa coupe de cheveux très peu...Conformes, sa pâleur cadavérique et son sourire de petit con, ce type avait simplement le profil du manifestant antimilitaire de base. Et c'était pour ça qu'ils l'avaient prit, la première fois, en l'arrêtant devant la base. Et puis il avait filé sa carte d'accès à Perez, en le gratifiant d'un pseudonyme fort peu poli. Et toute l'escouade s'était sentie très conne.
"-Qui s'en occupe?" Lâcha Preston, sans quitter des yeux la silhouette qui se rapprochait.
"-Si vous le permettez monsieur, moi."
Le "monsieur" haussa les épaules. C'était le petit nouveau, Jack, qui avait répondu, arrivé avant-hier pour remplacer Dan. Un bon gars, professionnel et tout, mais un peu gonflant avec son volontariat constant et ses blagues de mauvais goût.
"-Je te permet, vas-y."

***

Il faisait froid dans ce bâtiment. D'ailleurs, en y réfléchissant, c'était sans doute délibéré. Les agents du SRN étaient froids, professionnels, et, vu de l'extérieur, sans âme. Tout comme la base dans laquelle ils travaillaient. Pas un son ne filtrait ici bas. Pas une élévation de voix, pas un éternuement, un raclement de gorge. Aucun signe de vie. Pourtant, des dizaines d'hommes et de femmes bossaient là, Carl le savait parce qu'au détour de la section C12 du bâtiment, la semaine dernière, il avait ouvert une porte au hasard pour demander son chemin au type à la calvitie naissante officiant à l'intérieur. La réponse n'avait pas vraiment été celle espérée, mais au moins, le marines avait pu avoir la confirmation que la base du SRN n'était pas l'équivalent moderne d'un manoir hanté. Contrairement aux apparences, la vie était présente entre deux postes de gardes. Sauf que c'était une vie muette et foutrement ennuyeuse, pour ce qu'il en avait vu.
Encore une preuve que le boulot d'agent de terrain était bien meilleur que celui de planqué/frigorifié.

Carl fit craquer ses doigts et, ainsi, remarqua que la partie supérieure de sa main droite était encore un peu rouge. Il pesta et entreprit d'essuyer ce sang qui ne lui appartenait pas sur son pantalon. Ce foutu garde avait vraiment pété un plomb en remarquant que la poche arrière de l'homme devant lui se voyait alourdie par le poids d'un M6C SOCOM. L'adjudant-chef n'avait même pas eut le temps de décliner son identité et ses autorisations que déjà, cet imbécile tentait de le plaquer au sol. Encore un gamin trop à cheval sur le protocole. Carl avait bien vu que les autres gardes les observaient en souriant, visiblement amusé par le déroulement de cette arrestation. Leurs visages avaient changés de couleurs lorsqu'il avait cassé le nez de ce grand benêt avec la crosse de son propre DMR. Etrangement, plus personne ne l'avait empêché de passer, après ça.
Pendant un court instant, l'adjudant-chef avait pensé à réprimander le sergent de l'escouade devant ses hommes et, si possible, lui demander le nom de son supérieur direct pour lui expliquer à quel point ce petit larbin pouvait se révéler mesquin, autant avec ses nouvelles recrues qu'avec certains agents. Puis Carl s'était rappelé de pourquoi on l'avait convoqué.
Alors il s'était contenté de passer en souriant devant le sergent, et de jeter, aux pieds de celui-ci, le DMR subtilisé à son sous-fifre.

Le marines traversa un énième couloir aux murs, au sol et au plafond entièrement noir, et pila devant la dernière porte. Bien, ça avait l'air d'être là...Même si cette porte ressemblait bien aux dix-milles autres portes croisées précédemment. Hm... Après avoir subrepticement vérifié que personne d'autres que la caméra de surveillance sur sa gauche ne l'observait, Carl posa son oreille contre la porte, histoire d'être sûr.
Pour son plus grand bonheur, deux types avaient l'air de discuter de l'autre coté :
"-...ersonnelle n'est pas suffisante pour cela?
- Si bien sûr, mais nous voulons l'avis d'un psychopathe."
Ledit psychopathe retint un ricanement. Pour sûr, c'était bien ici qu'on lui avait donné rendez-vous. Il tourna discrètement la poignée tandis qu'un homme officiellement mort posait LA question :
"- Je vois. Bien, qu'est-ce qu'on attend?
-Moi." Répondit Carl, tout sourire, en entrant dans la pièce.
Evidemment, cette arrivée parfaite fut suivie par un petit silence uniquement troublé par le soupir du seul surprit : Alexandre Akilydes.
Le chef des sanglots avait crut que le SRN lui faisait une farce, lorsqu'on l'avait contacté pour lui révéler l'état et le statut futur de cette vieille connaissance. Bien sûr, ce n'était pas la première fois que les gars des services de renseignements lui proposaient des travaux communs. Mais, habituellement, l'histoire se résumait à poser des questions à un ou deux prisonniers ou à enregistrer quelques rapports détaillés sur la lacrimosa et son leader, qui intimidait de par son indépendance et son implication dans de multiples conflits. Apparemment, et à l'instar de son vieil ami Kelrod, on le considérait comme un individu efficace, qui obéissait aux ordres avec une certaine joie.
Tant que ces ordres impliquaient un flot de douleurs, de morts et de sangs. Ce qui était souvent le cas, heureusement.
Mais pas le cas Akilydes...Enfin...Pas directement.
A l'inverse de ce que l'adjudant-chef avait cru, au début, on ne lui demandait pas de lui arracher la moindre information concernant la Cause et ses chiens-chiens fidèles. Non. On voulait qu'il l'accompagne.
Et pas jusqu'au gibet.
C'était l'agent Batrowski, surnommé "Bat" ou "Bateau" par Carl -pour des raisons d'économies de salives- qui avait apparemment eut l'idée. Ils voulaient domestiquer, utiliser, la carcasse pleine de trous d'Akilydes pour diriger sa fureur vengeresse sur les ennemis des services de renseignements : Principalement les rebelles et...Miller. Pourquoi pas.
"Bateau" et l'adjudant-chef s'étaient retrouvés autour d'un café, dans une salle d'observation donnant sur la cellule de soin du corps jadis boursouflé d'Akilydes et ils avaient parlés...Longtemps.
L'ancien rebelle servirait autant de sujets de tests pour les quelques prototypes qu'on lui grefferait dans le corps durant ses "soins" que d'agent "pacificateur" plutôt énervé. C'était là que lui, à l'époque simple Sergent, était censé intervenir: Plongé dans ce nouveau monde, les risques que "le sujet" se fasse la mal n'était pas nul, chose que le SRN -et donc Batrowski- voulait éviter. Ainsi, ils avaient pensés au "sergent Sorince", pour l'accompagner. "En plus" avait ajouté Bat "le fait que vous vous soyez déjà rencontrés avant son accident est important, psychologiquement parlant... Vous êtes...Plutôt un mauvais souvenir de son ancienne vie, si je puis me permettre. Et le fait de raviver ce souvenir pourrait aider à le convaincre d'embrasser pleinement sa nouvelle existence. En d'autres termes, son inconscient vous assimilerait à..."
Carl n'avait pas vraiment écouté la suite du cours de psychologie, mais il avait comprit le principe.  
Pour en revenir au principal concerné, le petit gars avait apparemment quelques compétences pouvant s'avérer plutôt utile pour le camp qui le possédait. A l'époque, Carl avait plaisanté, en disant que ces compétences ne seraient utiles que si Akilydes changeait de colonne vertébrale, vu l'état dans laquelle se trouvait la sienne à l'époque. Mais maintenant.
Ce même Akilydes se tenait devant lui, debout, sans grimacer, presque.
En plus, il avait de nouveau deux oreilles.
La science faisait vraiment des miracles de nos jours.
"-Ah, monsieur Sorince, bonjour !" Le salua Batrowski, en mettant fin, par la même occasion, a un silence pesant.
Carl serra la main tendue de l'agent.
"-Salut. Comment va, Akilydes ? La galaxie est petite, pas vrai?"

_________________
"Je me présente, Carl Sorince, sarcastique, cynique, cruel et schyzophrène...Passons maintenant à mes points négatifs..."-Carl Sorince, auteur du roman "moi, mon reflet, mes photos et encore moi."

"Il est normal qu'un sale gosse comme moi soit devenu celui que je suis désormais...C'est à dire un tueur mieux placé et mieux payé que les types biens."-Carl Sorince à propos de lui-même.

"Mes gars...Mes exécuteurs...Sont pas des héros. Non, pas des héros...Et moi non plus d'ailleurs. Nous sommes bien mieux. Nous sommes des tueurs de héros."-Carl Sorince à propos des sanglots.
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Alexandre Akilydes
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Ven 11 Déc 2015 - 17:20

Un long soupir s'échappa de nouveau de la gorge d'Akilydes. Le sarcasme de ce type, il s'en souvenait, et ça lui donnait un gout amer dans la bouche. L'envie de se jeter sur ce type frôla l'esprit de l'ancien rebelle, mais ce dernier se résigna et afficha seulement un sourire fatigué. Se tournant vers le nouvel arrivant, Alexandre resta silencieux quelques instants, avant que la voix caractéristique d'Akemi ne vienne interrompre ses pensées.

- Adjudant-chef Carl Sorince. Membre de la compagnie Lacrimosa, forces spéciales. Dirigeant de l'escouade des Sanglots.

Le type avait pris du grade. Aussi loin que remontait les souvenirs du nouveau spectre, le type en face de lui était autrefois un sergent, ou quelque chose du genre. Soupirant de nouveau, il plongea ses yeux dans ceux du marines qui affichait des dents peu communes.

- Imaginez ce que ce serait si on devait en plus la partager avec des aliens. Ça serait l'enfer pas vrai? Vous étiez plus petit dans mes souvenirs, surement dut au fait que vous étiez à genoux avec un flingue sur la tempe, pas vrai? Donc c'est vous mon "contact"?

Le ton était sarcastique, mais l'agent était certain que cela plairait au marines en face de lui. Batrowski s'avança alors, forçant Akilydes à détourner l'agent qui lui faisait face, cassant aussi un peu la tension palpable.

- Bien, puisque vos présentations sont faites, et que nous n'avons pas le temps de boire un thé, passons à la suite. Akilydes, durant votre sommeil, les choses ont un peu changé. Washington tout d'abord.

La table holographique s'activa alors, révélant la ville en question. Cette dernière était semblable à une ville de l'ancien tiers-monde, où les ruines côtoyaient de nouveaux bâtiments. On pouvait y voir ici et là des monuments aux morts, ainsi qu'un aigle rouge tagué à quelques endroits.

- Suite aux événements tragiques de l'année passée. Le gouvernement de Washington s'est complètement dissocié de celui de l'état des nations unies et du reste du monde. Il s'agit maintenant d'une ville en pleine reconstruction où le marché noire est en plein essor. Malgré les efforts de l'UNSC pour reprendre la ville, il est impossible d'y établir une sécurité efficace, ni de s'y établir tout court en fait. Tous gardent en tête l'image de l'armée ouvrant le feu sur la foule, et de l’exécution sommaire de votre compagne. Par ce fait, la ville est pour l'instant laissée comme cela, nos agents travaillent surtout à empêcher le nouveau réseau rebelle de s'intensifier. Avoir une ville indépendante n'est pas un mal, sauf si elle permet approvisionnement des troupes séparatistes. Cela m'amène au second point, la cause.

Pressant un bouton, l'hologramme se changea en un gigantesque aigle rouge. Ce dernier tourna quelques instants, jusqu'à ce que l'agent de l'ONI ne presse un autre bouton, changeant l'image en un symbole mathématique bien connu, le symbole oméga.

- Le Grand Duc, autrefois grand prophète du mouvement rebelle, semble avoir perdu toute sa puissance, ou être mort. Même nous, service des renseignements, n'avons put percer ce mystère. Quoi qu'il en soit, le mouvement s'est depuis radicalisé. Ce qui était autrefois une simple rébellion terroriste a évolué en corps militaire pratiquant la guérilla. Le conseil rebelle semble également moins influent qu'auparavant, bon nombres de dirigeants séparatistes ayant formé des triumvirat et autre système de gouvernance dans les colonies intérieures. Du chaos que ce schisme a crée est né une nouvelle tête dirigeante, Oméga. Cette personne est un véritable fantôme. Si nous avions quelques preuves tangibles de l'identité du grand duc, il est ici impossible de déterminer qui est cet individu. A la tête de ces troupes, il ou elle a développé le réseau rebelle à un point que nous n'aurions imaginé. Les marchés noirs apparaissent un peu partout, des attaques de plus en plus violentes et efficaces, et je ne parle même pas de la richesse de ces rebelles qui ne fait qu'augmenter, le permettant d'obtenir des technologies de plus en plus sophistiquées. Pire encore, ce dernier semble parvenir à rallier les ex-membres du conseil rebelle à sa cause. Au point de parvenir l'exploit de recruter quelque mercenaires.
- Les membres de la Black Rock Compagny travaillent aussi pour les rebelles?
- Officiellement, non. Rien n'a put être prouvé, mais nous ne sommes pas dupes. L'argent est le principal moyen de garder ces mercenaires sous contrôle, et avec la rentabilité dont fait preuve notre cher Oméga, il est clair qu'il réussit à financer quelques troupes "neutres".

Un rire s'échappa de la gorge d'Akilydes, qui étira par la suite un sourire vicieux sous le regard perplexe de Batrowski.

- C'est p'tètre Miller votre Oméga, ça ne m'étonnerait même pas, vu à quel point il vous a tous baladé.
- Ne rigolez pas agent, c'est une des possibilités. Quoiqu'il en soit, c'en est tout pour ce qui est de la cause et du côté "rebelle". Maintenant, je vais vous briefer sur les faces de poulpes qui nous éclatent et qui...
- Je lirais les rapports par la suite si vous le voulez bien. Je vois que notre invité s’ennuie fermement, et moi aussi d'ailleurs. La cause était la seule chose sur laquelle je devais être mis à jour pour le moment. Dîtes moi ce que vous attendez de moi pour le moment.
- Hum. Bien.

Akilydes s'éloigna alors légèrement de la table, pour aller observer la combinaison qu'il allait endosser dans quelques temps. Cette dernière semblait être un bijou de technologie. Passant sa mai sur la vitre qui le séparait de sa tenue, il se retourna et revint au niveau de la table, croisant le regard de Sorince qui semblait autant apprécier que lui les réunions de ce genre.

- Habituellement, nous faisons passer un test physique et psychologique à nos potentielles recrues du programme SPECTRE. Pour vous, nous faisons une exception, nous savons déjà de quoi vous êtes capables, et avec les petits ajouts que nous vous avons donné, il est clair que vous êtes prêts pour directement partir en mission. Cette dernière, sera notre... Test final vous concernant. Nous voulons être sûrs que vous êtes capable et utilisable. La mission est assez simple à vrai dire.

La table holographique afficha alors un entrepôt portuaire. Les machines s'affairaient à leur tâche respective sous l’œil avisé de plusieurs techniciens.

- Voici l'entrepôt portuaire de la ville de Boston. Ce qui semble être un simple travail d'ouvriers, cache en fait la naissance d'un marché noir, et de l’extension de l'influence d'oméga sur le territoire américain. Après plusieurs analyses, nous avons retrouvé les différents commandants rebelles sur place. La mission est simple, nous devons tous les éliminer, et faire sauter l'entrepôt. Officiellement, le SRN déclarera qu'il s'agit d'une explosion d'un produit inflammable ayant déclenché l'explosion. Nous devons abattre cet effort rebelle avant qu'il ne prenne de la puissance. Pour cette mission banale, vous serez accompagné de l'escouade des Sanglots, dirigée par monsieur Sorince ici présent.
- On utilise une escouade des Forces Spéciales pour s'occuper d'ouvriers trafiquants maintenant?
- Ne sous-estimez pas les forces rebelles. Comme je vous ai dit plutôt, la Cause s'est radicalisé et incroyablement militarisé. Les gars qui gardent l’entrepôt sont sans aucun doute aussi dangereux que ceux qui composaient autrefois les "traîtres" de l'UNSC. Quoiqu'il en soit, vous aurez le droit aux armes que vous désirerez, avec les modifications qui vont avec.
- Quand partons-nous?
- Dans quelques heures, histoire que vous vous remettiez un peu de votre sommeil forcé. Je pense que vous avez assez attendu après une bonne année de sommeil, et puis les boostant que vous ont filé les médecins devraient aider. Un pélican vous transportera directement d'ici jusqu'à Boston, où vous utiliserez le réseau du métropolitain pour vous infiltrer jusqu'aux abords du port. Une fois là bas, vous savez quoi faire. Je resterais ici et serait votre agent de liaison, je vous transmettrais les ordres et infos topographiques, lorsque votre IA ne vous donnera pas les infos que vous demandez. Des questions?
- Aucune.
- Parfait. Je vous laisse enfiler votre tenue en ce cas. Monsieur Sorince, en attendant, venez, j'ai encore un point à éclaircir avec vous.

Les deux individus quittèrent alors la pièce, laissant l'ancien rebelle seul. Ce dernier se dirigea naturellement vers l'armoire, et commença à décrocher la combinaison noire qui serait sa future tenue de travail. Cette dernière était souple, et résistante, et même si elle moulait au corps, elle n'entravait en rien les mouvements. Il fallut cependant à l'agent quelques minutes pour enclencher tous les cliquetis que la combinaison possédait. Finalement, Akilydes attrapa son casque et l'enfila. Clignant des yeux alors que la voix de son IA personnelle parlait, l'agent étira un large sourire en voyant l'interface visuelle se synchroniser avec ses yeux. Un indicateur de santé apparaissait ainsi que diverses informations qui rappelaient les infos que pouvaient posséder les visières des ODSTs. une fois l'IA ayant terminé son "diagnostique préventif", Akilydes observa la porte qui s'ouvrait avec le retour de ces deux compagnons du moment. Un sourire s'affichait sur l'agent Batrowski, visiblement satisfait de la tournure que prenaient les événements.

- Je vois que vous avez déjà adopté votre tenue Akilydes. Parfait.

Retirant son casque, l'agent observa Sorince durant quelques secondes, posant son casque sur la table et croisant les bras.

- Bien, Carl c'est ça? Je peux vous appeler Carl pas vrai? Après tout je ne suis pas militaire, et les grades et le vouvoiement, pour le moment ça me fait pas trop rêver alors je vais parler franco. Tu me présentes tes gars? J'ai hâte de voir les hommes qu'un "psychopathe", selon les termes de monsieur Batrowski ici présent, peu recruter.
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Carl Sorince
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Ven 15 Jan 2016 - 21:48

Carl se frotta le menton, l'air pensif, en emboitant le pas du nouveau-né SPECTRE.
"-M'oui, "Carl" ça devrait aller. C'est toujours mieux que "salopard" ou "tête de con", c'est comme ça que tes hommes appelaient les miens, tu sais, quand j'étais sur les genoux et que..." Il mima un pistolet se posant sur sa tempe puis fourra de nouveau ses mains dans ses poches. En tournant dans un nouveau couloir, le duo rencontra un frêle bureaucrate. Le marines, tout sourire, gratifia le pauvret d'un coup d'épaule sans même cacher le fait que son action était parfaitement volontaire. Ceci fait, il reprit : "Enfin, ne t'en fais pas, ça fait un moment que j'ai tourné la page. Après tout, c'était dans l'ordre des choses. Nous n'étions pas dans le même camp, t'as exécuté mes hommes, j'ai massacré une partie des tiens en me libérant, on est quitte, plus besoin d'en faire un plat, pas vrai?" Nouveau couloir, nouveau tournant. Un autre duo d'hommes armés, des gardes surement, les salua, et Carl fit mine de ne pas les avoir vu."On vit dans une galaxie comme ça, qu'est-ce que tu veux que je te dise !" Poursuivit-il, bien conscient que son partenaire de discussion souhaitait simplement qu'on ne lui dise absolument rien. "Tout le monde peux avoir un flingue sur la tempe maintenant. Toi par exemple ! Je veux dire, c'est quand même dingue! T'as l'équivalent d'une mallette de billets de 1000 dans ta colonne vertébrale et une combinaison qui vaut sans doute trois pélican, mais les gars du SRN te font quand même passer un test avec moi. Pour voir si tu es viable. Bien sûr, ils n'auraient pas pu le faire plus tôt parce que...C'est difficile de faire passer un test a l'équivalent d'un cadavre n'ayant pas encore conscience de sa propre mort. Mais, franchement, je trouve ça plutôt culotté, même de la part de ces planqués. Améliorer, armer et remettre en service un traitre ayant trahi les traitres, ah ! Et c'est moi qu'on traite de taré." Comme ils tournaient à droite à la prochaine intersection, les deux soldats durent se stopper devant la double porte à ouverture réglementée qui se tenait entre eux et le hangar. Carl mit quelques secondes à retrouver sa carte d'accès durant lesquelles Akylides pu profiter d'un bienheureux silence. Puis l'adjudant fit passer la clé de ses recherches devant le capteur de la porte.
"-Alors attention, quand je dis ça, loin de moi l'idée d'insinuer que tu n'es pas digne de confiance, bien sûr." Le ton de sa voix prit une teinte exagérément passionnée alors que son sourire s'agrandissait encore un peu plus. "Je sais bien que tu hais la Cause pour ce qu'elle t'a caché. C'est à cause de tes anciens boss qu'elle est morte, d'une certaine manière. Miller a presser la détente, bien sûr. Mais...Sans les fanatiques de La Cause et leurs mensonges, tu aurais peut-être pu la sauver. Et puis, sans les fanatiques de La Cause, elle n'aurait peut-être même pas eut à tomber entre les griffes de notre méchant régime. Hm?"
La double porte s'ouvrit pour révéler un énorme hangar à vaisseau étonnamment peu peuplé, si, bien sûr, on faisait abstraction des membres de la sanglot rassemblée autour d'un des nombreux pélicans noirs trainant ici-bas. Constatant que le groupe allait bientôt être au complet, Fergusshon tapota l'épaule du grand Joshua, occupé à vérifier son lance-grenade, en écrasant sa cigarette. Mila cessa de discuter avec le pilote pour fixer d'un air amusé Akilydes, Mendoza fronça les sourcils, Alexey resta de marbre, les bras croisés, et Elena pouffa. Personne, bien sûr, ne se fatigua à se mettre au garde-à-vous. Carl rendit a Elena le sourire qu'elle lui adressait puis passa entre-elle et le pélican pour ramasser un dossier qui trainait sur la rampe d'embarquement. Il l'ouvrit négligemment, sans cesser de sourire, le referma, puis fit d'un ton détaché :
"-Bon on va faire ça vite, vous apprendrez à vous connaître en chemin je suppose. Akilydes, ceci est l'escouade sanglot au grand complet. Escouade Sanglot, voici Robocop, alias le SPECTRE Akilydes. Pilote, c'est tout bon?
-Ouai, ouai..." Cracha l'intéressé en s'installant sur son siège, à l'avant.
"-Fort bien, tous en selle, on continue la suite à l'intérieur."
Le groupe s'exécuta. Chacun prit sa place habituel, sauf Carl, qui attendit que l'agent prenne place pour s'asseoir à ses cotés. La rampe se referma derrière Alexey, tout devint noir, puis l'éclairage intérieur s'alluma, projetant une lueur rouge qui lui allait bien sur le visage de l'adjudant-chef.
"-Bon, alors tout d'abord nous avons Mike Fergusshon, lui là." Dit-il en désignant l'hispanique du menton."Pilote attitré de l'équipe..."
Fergusshon compléta en imitant le sourire de son chef:
"-Bastonneur à mes heures perdues et hacker. Salut !"
Joshua, assit aux cotés de l'auteur des précédentes paroles, prit la suite :
"-Moi c'est Joshua Klern. Expert en explosif et logistique. Je me charge aussi de couvrir l'autre là." Fit-il en gratifiant Mike d'une tape sur l'épaule. Alexey s'étira et se présenta à son tour.
"-Alexey Teretchenko. Tireur d'élite."
Puis ce fut au tour de Mendoza, qui plongea ses yeux dans la visière réfléchissante du SPECTRE.
"-Caporal Mendoza Jenkins. Armement, combat rapproché. On s'est déjà croisé."
Le ton employé était tellement amer que Carl dû se retenir de pouffer.
"-Mendoza faisait parti de l'escouade que vous avez exécuté au nom d'une morte qui ne l'était pas encore, alors évidemment..." Clarifia le chef d'escouade.
Mila prit la parole en mettant par la même occasion fin à la tension environnante:
"-Mila Rosenwald, médic et interrogatrice. Ravie de te rencontrer mon chou."
Et ce fut finalement au tour d'Elena :
"-Elena Sanders. Combat rapproché et survie...T'as pas trop chaud là-dessous?"
Carl se passa la langue sur les dents en prenant soin de l'écorcher, ceci fait, il agrandit un peu plus son sourire rouge sang et rouvrit le dossier sur ses genoux.
"-Tu sais, cette escouade, elle existe un peu grâce à toi ! Attends, je t'explique ça une fois qu'on est parti..."
Avec un magnifique à-propos, la machinerie du pélican se mit en branle et le véhicule commença à s'élever. Le groupe se remit aussitôt à vaquer a ses occupation habituelles et Carl garda le silence pendant un long moment tandis que le pilote attendait d'avoir tout les feux-verts pour élancer son appareil dans le ciel. Lorsque ce fut chose faite, l'adjudant-chef s'éclaircit la voix et tous dirigèrent leurs regards en direction du SPECTRE, qui devait commencer à sentir que quelque chose n'allait pas en voyant tout ces visages souriants tournés vers lui. Même Alexey et Mendoza souriaient. Tout en continuant de feuilleter son dossier, Carl déclara :
"-Ta bande de l'époque m'a inspirée mon vieux. T'avais que des types de confiance avec toi, le genre "fidèle, jusqu'au bout" ! Tu vois ce que je veux dire? Alors que moi...Bon, déjà, on était moins nombreux bien sûr...Mais j'avais que Mendoza sur qui compter, à l'époque ! Alors évidemment, lors de la confrontation...Ce qui devait arriver est arriver. Alors j'ai décidé de revoir ma méthode de recrutement pour prendre une meilleure équipe correspondant mieux à mes...Critères. Parce que les gars que t'avais, c'était des vrais casse-cou. Sois en convaincu."
Mila pouffa et Fergusshon, qui se triturait les dents avec son couteau de combat, élargit un peu plus son sourire. Alors...Carl referma le dossier pour le confier au spectre à ses cotés.
"-Regarde à la première page." Siffla-t-il, en reprenant un ton bien plus naturel et...Vicieux.
Sur la première page, il y avait une photo. Un cliché, prit dans un endroit sombre, glauque, soigneusement cadré sur les restes d'un homme assit sur une chaise. On lui avait découpé les paupières et planté des aiguilles dans les yeux. Son cuir chevelu, ses oreilles et son nez avaient été soigneusement arrachés, ses joues, découpés. Quelqu'un avait scié ses jambes si bien qu'il n'avait plus rien en-dessous du genoux. Ses mains découpées, sans ongles et sans peaux étaient attachées à son cou. Des dizaines de traces de brûlures étaient visible sur son torse, chose sans doute dû au chalumeau couvert de sang en-dessous de sa chaise. L'intégralité de la Sanglot prenait la pose autour de lui. Carl était assit en face, les jambes croisées, une tasse dans les mains, faisant dos au photographe. On devinait aisément que c'était lui, mais son visage restait dans l'ombre.
Greffé dans le torse du cadavre, une pancarte avec une inscription en lettre de sang :
"Bon rétablissement patron.
Signé : Zip."

C'était la vraie signature dudit Zip...Ou plutôt une maladroite imitation. Mila l'avait forcé à l'inscrire avec le moignon de sa main droite durant ses derniers instants d'existence.
"-Il a hurlé jusqu'à ce qu'on lui découpe les cordes vocales en même temps que la langue et les lèvres. Mais jamais il n'a prononcé quoique ce soit sur toi. Jamais. Alors, au lieu de souffrir une journée, il a souffert une semaine. A la fin, on avait plus rien pour arrêter les hémorragies proprement, d'où le chalumeau."
Elena posa sa main sur l'épaule du SPECTRE en ajoutant.
"-Il s'est pissé dessus sur la fin. Mais il n'y a pas de quoi avoir honte...
-...C'était normal, pour une pauvre merde comme lui." Compléta Mendoza, en cachant efficacement le dégoût qu'il ressentait alors pour lui-même.
Les pages suivantes n'étaient que des gros plans sur des morceaux de viandes à peine humain, deux ou trois autres membres rescapés de l'ancienne escouade d'Akilydes ayant passé les derniers jours de leurs vies entre les mains de ce qu'ils détestaient le plus. Il y avait aussi un rapport détaillé sur ce qu'avait subit les prisonniers (renommés "morceaux de barbaques" par celui ou celle qui l'avait rédigé). C'était un très long rapport.
"-Ton IA a reçue l'ordre de bloquer les modules enregistreurs de ton casque et d'effacer de sa mémoire ce que tu es en train de regarder dès que tu l'auras refermé. Il n'y a qu'un seul et unique exemplaire de ce dossier. Et c'est toi qui va le brûler, dès qu'on sera arrivé. Parce que tu n'es plus le lieutenant de ces types. Tu es un spectre, qui boss pour le SRN. Et bosser pour le SRN, ça implique parfois de faire disparaître des preuves fâcheuses."
La seconde d'après, plus aucun membre de la sanglot ne s'intéressait à Akilydes, à part Carl, qui lui murmura :
"-Maintenant, on est quitte."

_________________
"Je me présente, Carl Sorince, sarcastique, cynique, cruel et schyzophrène...Passons maintenant à mes points négatifs..."-Carl Sorince, auteur du roman "moi, mon reflet, mes photos et encore moi."

"Il est normal qu'un sale gosse comme moi soit devenu celui que je suis désormais...C'est à dire un tueur mieux placé et mieux payé que les types biens."-Carl Sorince à propos de lui-même.

"Mes gars...Mes exécuteurs...Sont pas des héros. Non, pas des héros...Et moi non plus d'ailleurs. Nous sommes bien mieux. Nous sommes des tueurs de héros."-Carl Sorince à propos des sanglots.
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Alexandre Akilydes
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Mer 20 Jan 2016 - 0:53

Lorsqu'il était monté dans le véhicule aérien, Alexandre avait tout de suite compris que quelque chose clochait. L'escouade de Carl semblait si... Malsaine? Les présentations furent faites sur un ton plus ou moins tendu, et alors que le vaisseau avait entamé son embardée, celui qui dirigeait l'équivalent de l'escouade de l'enfer venait de tendre un dossier au spectre. A la lecture de ce dernier, Akilydes sentit un poids se presser contre sa poitrine, alors que son sang battait ses tempes. Les paroles de Carl étaient vagues dans son esprit, et même si elles étaient d'une violence inouïe, elles ne semblaient être qu'un lointain écho pour celui qui croyait avoir tout perdu, et qui venait de voir que c'était effectivement le cas.

Soufflant longuement alors qu'il savait que l'ordure qui se dressait devant lui attendait une réaction, le spectre ôta son casque doucement, le laissant tomber sans y prêter attention sur le siège à côté de lui. Se massant les tempes quelques instants en affichant une mine blasée, le spectre se leva finalement pour plonger son regard dans celui qui lui faisait face.

- Finalement, le pseudonyme de "Connard" t'irait parfaitement bien Carl. J'imagine que c'est l'équivalent d'un test psy? Quoique vu ton sourire, je penche plus pour une petite vengeance personnelle. Et pour celui qui était là lorsque j'avais abattu tes hommes, je suis sûr qu'il est ravi de s'être vengé de la sorte. Une balle dans la tête contre des semaines de torture, quel charme, quel équité. Bien que ce mot n'existe apparemment plus dans le dictionnaire commun des êtres humains.

Faisant craquer sa colonne vertébrale, Akilydes sentit les cliquetis de cette dernière avant de souffler de nouveau.

- J'imagine que le SRN a estimé que ces gars là n'étaient pas aussi "précieux" que moi pour vivre? Tu sais, il y a un an je pense que je t'aurais sûrement sauté dessus, quitte à y laisser ma peau en vain, au nom d'une vengeance quelconque pour ces ados un peu fous. Mais aujourd'hui... Non, je vais garder cette haine et frustration qui me traversent. Je m'en servirais comme souvenir, pour me rappeler contre quoi je luttais autrefois, et la récompense qu'on récolte pour cette Cause. Zip était un gamin, un gars qui me ressemblait énormément à mes débuts dans la cause rebelle. Il avait des valeurs, sûrement plus que tout l'UNSC réunit, mais n'était pas dans le bon camp... Celui qui défendait l'humanité, en la torturant. Amusant n'est-ce pas? Comme les Hommes aiment s'entre-tuer alors qu'une plus grande menace risque de les faire disparaître. Et plus amusant encore, je fais maintenant parti de ceux qui participent à cette chasse.

Se grattant le menton avant de replacer ses cheveux, le spectre se détourna quelques instants de Carl pour attraper son casque. En se retournant, son regard se posa sur Mila. La femme dégageait quelque chose d'étrange, elle était assez jolie mais un malaise envahissait Akilydes quand il l'observait. Sûrement dut au fait qu'elle ait "dirigée comme une experte" les tortures de son ancienne escouade. Observant les formes de cette dernière, la vision du spectre se brouilla quelques instants alors que la silhouette de la blonde se changeait en des formes plus familières. Une femme aux yeux d'améthyste et à la chevelure corbeau s'étirait maintenant devant lui. Clignant des paupières, Akilydes enfila son casque et une fois les systèmes de ce dernier activés, reporta son attention sur son interlocuteur précédent.

- Au fait, Batrowski avait raison, t'es un vrai psychopathe.

Mettant fin à la discussion par ces propos, le spectre retourna ensuite s'asseoir et commença à vérifier son arme, la démontant et la remontant par la suite. Pour cette mission, il s'était équipé d'un XBR55 Battle Rifle avec silencieux. Il avait également une arme de poing classique ainsi qu'un couteau de combat, qu'il aurait planté avec plaisir dans la gorge de celui qui dirigeait la mission à ses côtés. Il fallait que le spectre se calme, c'est pourquoi il se cantonnait à des tâches répétitives et ne prêtait presque plus attention au dossier à côté de lui. Carl, malgré ses paroles immondes, avait raison sur un point, cela appartenait au passé et le spectre n'était plus le même homme. Le pilote annonça alors dans les hauts parleurs qu'ils approchaient de Boston, et que l’atterrissage arriverait sous peu. Se levant alors que les vibrations caractéristiques d'un appareil qui se pose se faisaient sentir, Akilydes plaça son arme dans son dos avant d'attraper le fameux dossier compromettant. Lorsque la trappe s'ouvrit, le spectre emboîta le pas à l'un des hommes des sanglots, puis sortit un petit briquet d'une de ses poches, se tournant vers Carl qui descendait calmement de l'appareil.

- La règle des trois singes de la sagesse, pas vrai?

Il alluma ensuite l'outil, enflammant doucement l'amas de pages. Ces dernières prirent feu de manière assez rapide, comme si elles avaient été faites dans une matière facilement inflammable L'IA personnelle du spectre parla alors, lâchant un magnifique " Mémoire effacée " qui prouvait que l'ONI avait merveilleusement museler l'affaire. Laissant le tas de papier incandescent sur le sol. Akilydes n'y prêta même plus attention et attrapa son arme, commençant à avancer aux côtés de Joshua, silencieux.

Ils arrivèrent assez vite près de l’entrepôt. On pouvait voir au loin les lumières de la ville illuminer le ciel tandis que des hommes semblaient s'affairer dans les docks. Passant le long de divers bâtiments, le spectre observa la sécurité qui était mise en place. Bien trop grande pour des simples opérations de transit, et trop visible pour être une opération des services de renseignements. Quoique ces derniers se cachaient souvent sous le couvert de l'armée... Ils furent finalement bloqués par une large porte d’entrepôt, contrôlé par un système informatique. S'approchant d'un panneau de contrôle informatique, le spectre étira un sourire sous son casque alors qu'il se tournait vers Carl, et le gars des sanglots qui hackait généralement les sytèmes.

- Puis-je?

Un sourire de l'intéressé lui indiqua que tout était ok. Branchant un petit pod, le système intégré de la combinaison du spectre lui afficha directement les données du terminal. Se remémorant les différents systèmes d'exploitation existant, Akilydes entama son oeuvre, qu'il acheva en quelques instants, laissant la porte s'ouvrir doucement. Deux rebelles pointèrent alors leurs armes vers la porte, illuminant la zone avec les lampes torches accrochées tandis que les sanglots se cachaient dans l'ombre.

- James? Tu penses que c'est les gars?
- Sais pas, normalement on devait débuter à onze heures tren...

Une rafale silencieuse vint ponctuer la phrase du rebelle qui s'écroula comme une masse, alors que son collègue le rejoignit par la suite assez vite, le torse criblé de balles. Avançant silencieusement, le spectre observa le hangar dans lequel ils avaient pénétré. Sur la porte opposé, on pouvait voir écrit " Entropôt 4 " ce qui signifiait clairement qu'ils n'étaient pas encore au niveau de leur cible principal. Un nombre assez impressionnant de caisses était cependant présent à l'intérieur du hangar. Sortant un pain d'explosif qu'il plaça contre l'une des caisses, Akilydes souffla doucement en observa les sanglots se déployer et faire de même. Quelques bruits étouffés se firent entendre lors de cette opération ainsi qu'un petit gargouillis typique d'une personne étranglée, puis les hommes de l'UNSC se regroupèrent près du spectre qui attendait près d'une caisse au centre de la pièce. L'opération était maintenant bel et bien lancé, et aussi étrange qu'il lui semblait, le spectre n'avait eu aucun mal à ouvrir le feu.
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Carl Sorince
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Dim 7 Fév 2016 - 11:01

Ils se confondaient dans les ombres. Frappaient et tuaient silencieusement, rapidement. Bâclaient leurs meurtres pour ne pas éveiller l'attention des sentinelles encore en vie. Carl enfonça la baïonnette de son fusil à pompe dans la nuque d'un homme se croyant encore en pleine discussion avec son collègue le plus proche, derrière-lui, alors même que ce dernier se tortillait silencieusement dans son propre sang. L'adjudant-chef retira sa lame et observa sa victime se contorsionner à son tour dans son propre raisiné, sans y prendre grand plaisir.
Dans son dos, Joshua affichait le même air blasé que lui en cassant la nuque d'une frêle rebelle trop curieuse.
Carl avait créé les sanglots à son image. Efficaces, sadiques, ces hommes et femmes portaient en affection l'art du meurtre brutal et douloureux. Comme lui. A l'inverse de son ancien sergent, son vieil ami, Max Kelrod, l'adjudant-chef n'avait jamais apprécié le fait de tuer froidement, de prendre une vie depuis les ombres. Comme lui, il se délectait de l'aura de peur que ses propres exactions dégageaient, mais il exécutait ces dernières d'une manière bien différente de celle du froid apprenti-prodigue du major Freeman. Pourquoi? Jusqu'à récemment, Carl n'aurait su donner un nom au sentiment qui le faisait agir de cette façon en temps normal. En temps de guerre. Les mots ne pouvaient retransmettre efficacement ce qu'Il vivait lorsque son arme prenait la vie des autres. Et puis, un soir, un membre de son escouade avait su trouver les mots.
"Le chant de la douleur."
C'était ça, exactement ça. Oui. Lorsque les balles fusaient autour de lui. Lorsque son M45 faisait exploser la cage-thoracique d'un rebelle et que ses plus proches collègues hurlaient leur haine à en perdre haleine. Lorsque le souffle d'une grenade emportait dans les cieux les restes morcelés d'une jeune marines trop imprudente pour son propre bien. Il raisonnait dans son crâne. Ce chant. Et la chose qui résidait au plus profond de son esprit s'enivrait en l'écoutant.
Ici, dans les ténèbres silencieuses. On entendait rien d'autres que quelques pitoyables gargouillis. Quelque chose heurta sa botte et Carl baissa les yeux. Sa dernière victime n'était pas encore tout à fait morte. Cet imbécile s'accrochait à sa jambe dans l'espoir absurde de le stopper. Il se dégagea de cette faible étreinte et écrasa la gorge ouverte sous sa semelle, le sourire aux lèvres.
Hm, finalement, ce n'était pas si mal. Autant s'en contenter.
Fergusshon se faufila entre deux caisses pour passer devant son supérieur. Il trainait derrière-lui un corps ensanglanté, au crâne perforé par un tir de fusil d'assaut silencieux.
Quelque chose s'écrasa au milieu d'un tas de palettes, une dizaine de mètres plus loin, et la voix de Teretchenko se fit entendre dans le canal radio de l'escouade :
"-C'était le dernier."
Un rire chaud, qui ne pouvait appartenir qu'à Mila, raisonna dans la salle désormais vide de contacts hostiles. Carl ricana à son tour, en même temps qu'Elena, Joshua et Fergusshon, puis activa son micro :
"-Combien?
-Neuf cibles à terre." Répondit aussitôt Teretchenko. Carl savait que le sniper avait suivit en temps réel l'exécution de chaque rebelle, assit en hauteur, quelque part, dans le noir."Le nouveau s'est bien démerdé. Il n'a pas fait semblant de descendre ses anciens copains."
Carl se retint de pouffer en ouvrant un canal privé avec Akilydes.
"-Hey, mon grand, tu m'entends? Bien sûr que tu m'entends. Dis, je me posais une petite question...Comment vous faites, vous, les fils de la cause? Oui, je sais, tu n'en fais plus parti, tu l'as bien montré ici-bas, mais là n'est pas la question...Comment vous faites pour autant vous voiler la face? Vous nous pondez des sermons incriminants à tours de bras. Vous reprochez au SRN ses méthodes...Avant-gardistes. Et le même jour, paf, vous faites exploser une usine d'armement en faisant cramer, par la même occas', les milles pauvres cons travaillant à l'intérieur ! Et je parle même pas de ce que vous faites si jamais l'un des vôtres meurt durant l'opération. Tortures à droite, corruptions à gauche, exécutions au milieu et, derrière, les cadavres des innocents comme ceux des méritants continuent de s'empiler! Vous êtes les plus mal placés pour juger les bévues de l'UNSC et pourtant vous le faites, je trouve ça aussi génial que pitoyable."
Il s'interrompit pour faire un signe de la main à Joshua, qui hocha la tête avant de lui jeter un pack de C12. Le chef des sanglots passa alors quelque secondes dans le plus grand silence, réglant l'explosif aussi rapidement que précautionneusement. C'était dur de faire confiance à ce genre de trucs, aussi sécurisés pouvaient-ils êtres. Carl se demandait souvent comment son grand collègue faisait pour se balader quasiment tout le temps avec.
Le discret "Clac" confirmant la bonne programmation de la bombe retentit. L'adjudant-chef s'humecta aussitôt les lèvres pour reprendre :
"-Regardes, toi, par exemple. Tu trouves mes méthodes répugnantes et tu n'essaie même pas de le cacher, bien, j'aime cette franchise, mais tu ne la pousses pas assez loin je pense."
Carl interrompit une nouvelle fois son insupportable palabre pour se rapprocher d'un cadavre particulièrement abimé par les coups de crosses qu'Elena lui avait attribué au visage.
"-Tu te souviens quand tu bossais avec ce bon vieux Will Ost? Et que tu piégeais des otages -civils- avec des grenades, pour retarder nos gars? Moi je m'en souviens, figures-toi qu'on s'est croisé, dans la jungle de Sigma. Et avant ça, dans Pirth, bien sûr, mais ça, tu le sais déjà. Quel souvenir tu as de ces mois de vaines vendetta? De tout ces marines, ces civils, que tu as tués en pensant venger la mort de ta copine, alors même que cette dernière chialait toutes les larmes de son corps pour que quelqu'un vienne la sortir de la cellule où nos hommes la retenait?"
La voix grave de Teretchenko se fit de nouveau entendre dans le canal global de l'escouade :
"-Tout les explosifs sont parés ici."
La sanglot acquiesça, puis se rassembla au centre de la zone. Lorsque Carl les rejoignit, il ne manquait plus que Fergusshon, qui apparut dans son dos, comme toujours. L'adjudant-chef ricana en voyant Akilydes fixer la silhouette agenouillée de Mila, occupée à lacérer le torse d'un cadavre à coup de machette de la manière la plus sale et obsessionnelle possible. Après une longue minute de contemplation, il s'approcha du SPECTRE en s'éclaircissant la gorge, pour poursuivre sa logorrhée
"-Et quels souvenirs tu as du massacre de Pirth? De tout ces flics réduit en charpie, de ces otages, à l'étage du commissariat, égorgés pour la gloire de La Cause? Tu te souviens de leurs implorations? Non, ne panique pas, moi non plus je me souviens pas des hurlements de toutes mes cibles, directes ou indirectes. Mais c'est bien là que le bas-blesse. Rappelles-toi ce que tu étais avant : cet espèce de héros hypocrite qui tuait les innocents pour montrer aux autres que nous, on en tuait aussi. Et regardes les macchabés par terre maintenant. T'as abattu deux sentinelles rebelles, qui, contrairement à toi, n'ont pas trahi leurs idéaux, aussi stupides soient-ils. Tu les as descendu sans hésiter, pas vrai? Et au nom de quoi? La vengeance? Ils n'y sont pour rien. Les responsables de la mort de ta dulcinée, c'est : Elle-même, toi, les organisateurs du sac de Pirth, Will Ost, Le Grand Duc et, bien entendu, ce bon vieux Miller. Eux, c'est des pauvres abrutis, comme ce bon vieux Zip, et tu les as tués sans hésiter, parce que leurs macchabés te permettront d'arriver -peut-être - jusqu'à l'avatar de tes frustrations."
Le bras du macchabé que Mila lacérait finit par lâcher dans un immonde bruit humide. Elle éclata aussitôt de rire, très vite imitée par Elena, Joshua et Fergusshon, qui se délectait du monologue de leur chef. Carl se fendit d'un sourire compatissant et posa sa main sur l'épaule du nouveau joujou du SRN.
"-Bienvenue chez les salopards, feu Alexandre Akilydes. Si tu me permets ce grotesque effet de style, je dirais ceci : On a pas d'eau bénite, alors le sang de tes anciens alliés suffira pour ce baptême-ci."
Et ils rirent tous. Les sanglots. Mila comme Mendoza, Fergusshon comme Teretchenko. Leurs faciès déformés par la folie et la joie malsaine qu'ils partageaient. Ils rirent, sans même prêter attention aux faits que leur groupe était en plein milieu d'une zone contrôlée par l'ennemi, entouré par les cadavres des gardiens du secteur. Puis le silence revint.
"-Bien, maintenant, les choses sérieuses commencent. Ils vont envoyer une troupe pour vérifier pourquoi les gars de ce coté-ci répondent plus à la radio. On fera sauter les charges à ce moment là. La caméra est posée?
-Bien sûr." Confirma Teretchenko.
"-Alors on se tire avant que les autres n'arrivent. Privilégiez la discrétion mais si vous êtes repérés ne tentez pas le diable, c'est un bon pote mais il est un peu capricieux... on pourra pas passer toute la zone silencieusement de toute façon.
-Et puis, ce serait chiant.
-Un point pour Mike. Rappelez-vous, personne d'autres que nous ne doit s'en sortir vivant. Go."

_________________
"Je me présente, Carl Sorince, sarcastique, cynique, cruel et schyzophrène...Passons maintenant à mes points négatifs..."-Carl Sorince, auteur du roman "moi, mon reflet, mes photos et encore moi."

"Il est normal qu'un sale gosse comme moi soit devenu celui que je suis désormais...C'est à dire un tueur mieux placé et mieux payé que les types biens."-Carl Sorince à propos de lui-même.

"Mes gars...Mes exécuteurs...Sont pas des héros. Non, pas des héros...Et moi non plus d'ailleurs. Nous sommes bien mieux. Nous sommes des tueurs de héros."-Carl Sorince à propos des sanglots.
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Alexandre Akilydes
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MessageSujet: Re: [Flashback] Entre Ombre et Croque-mitaine. [PV Carl Sorince]   Dim 28 Fév 2016 - 18:52

Avoir eu à écouter le speech de Carl avait été, fatiguant, au mieux. Akilydes tentait de se focaliser sur sa mission plus que sur les dires du marines, mais il était vrai que ce dernier avait une voix qui avait cette fâcheuse tendance à vouloir être à tout prix écoutée. Lorsque le membre des forces spéciales eut achevé son monologue, le spectre leva la tête en sa direction, ne rendant au marines qu'une visière noire sans émotion.

- Désolé Carl, mais je crains qu'un "youpi" ne résume pas mon émotion face à cette entrée dans le monde merveilleux des salopards.

L'agent marqua une petite pause, cherchant des preuves identitaires sur un rebelle qu'il venait d'abattre avant de commencer à déplacer son corps vers un recoin sombre tandis que l'escouade se déplaçait.

- La cause, telle que je la connaissais, était subdivisée en plusieurs catégories. Les types comme Ost et le Grand Duc, se mêlaient assez rarement à nous, les vigilants, ou bien après quand je suis parti dans ma vendetta, les marginaux. Donc toutes ces explosions tuant des civils, je dois avouer que je ne suis même pas certain d'en avoir été au fait et pour le big mama, nous partions du principe que les vaisseaux collaborant avec le régime fédéral, étaient complices. Pour preuve, vous aviez une forte escorte et même si le vaisseau était civil tout ceux à l'intérieur ne l'étaient pas. Et si tu te poses la question, à l'époque je condamnais autant les actes que tu as cité que ceux que l'UNSC faisait. Mais bon, je te l'ai déjà dit, j'étais crédule et mes "valeurs" dictaient mes actes plus que ma raison.

Il tira alors une rafale avec son fusil, abattant un garde qui s'approchait un peu trop du groupe. Quelques secondes plus tard, ce dernier était à son tour déplacé vers un endroit où les regards indiscrets n'allaient pas fouiller.

- Et pour le fait que je tue maintenant des gens que tu dis aussi innocent que Zip, il y a aussi une variable à prendre en compte. Mes valeurs ont toutes volées en éclat, au même moment qu'une balle traversait le corps de celle que j'aimais, et qui était la seule qu'il me restait. Ça fait cliché dit comme ça, et je trouve moi même la chose amusante. Mais quand on a tout perdu, que ceux en qui on avait confiance nous ont tiré dans le dos, quels choix avons-nous? Je ne suis pas du genre à tout abandonner, tout du moins, je ne compte pas attendre ma mort bêtement. Je vais verser le sang de ceux qui m'ont trahis qu'ils soient directement impliqués ou non. Ma haine, l'ONI compte la diriger pour servir ses propres intérêts. J'en suis parfaitement conscient et ils le savent, c'est une sorte d'arrangement commun dirons-nous. Dans le fond, je trouve ça amusant car lors des événements de Washington je suis vraiment mort. Je suis un chien de chasse efficace, les services de renseignements le savent et ont tout fait pour garder ce trait de ma personnalité en vie. Je ne me pose plus de barrières morales, je ne me demande même plus si ceux que je viens de tuer sont innocents ou non.

Grimpant sur une caisse de ravitaillement, le spectre pointa deux rebelles du doigt, synchronisant ses mouvements avec l'un des sanglots. Au moment où il abattit la main, l'agent et le marines fondirent sur les deux bougres, les neutralisant à l'aide d'un couteau de combat d'un côté, et d'un cassage de nuque de l'autre. Rengainant sa lame, le spectre activa sa COM.

- Lorsque l'ONI me demandera de tuer, peu importe l'étendard dressé auquel je ferai face, je tuerai. Oh et, espérons qu'ils ne me demanderont jamais de tuer l'un d'entre vous, qui sait, on pourrait devenir potes?

Quelques rires amusés se firent entendre dans la COM de groupe. Le spectre se surprit lui même à sourire sous son casque. Le cynisme avait peut être fini par emporter le peu de compassion qu'il avait pour les rebelles, qui sait? Une chose était certaine pour l'agent, il n'aimait pas les méthodes employées par les sanglots, même s'il se doutait que si ces membres des forces spéciales étaient toujours en action, c'était car ils étaient efficaces. Pactiser avec le démon, oui, c'est exactement ce qu'Akilydes avait l'impression d'avoir fait. Mais dans un monde où tous lui avaient tourné le dos, où l'enfer n'était pas après la mort mais déjà vécu, il n'était plus sûr que ce soit une mauvaise chose. Depuis qu'il avait été enfermé après être tombé sur les dossiers top secrets, depuis que ses parents ont été abattus par d'autres agents du SRN ou peut-être des rebelles, Akilydes avait voulu être altruiste et changer le monde, sa manière de fonctionner et instaurer des valeurs qui ne tenaient que moyennement en place. Aujourd'hui, le spectre n'agissait plus que pour lui, les émotions des autres, il commençait doucement à s'en moquer, même s'il n'était éveillé que depuis quelques heures. La haine et la rancœur avaient dévoré son cœur pour ne laisser qu'une marque sombre qui ne battait qu'à l'idée de faire souffrir les autres. Akilydes n'existait plus, il n'était qu'une bête assoiffée de sang que les services secrets tentaient actuellement d’apprivoiser.
Une explosion attira le regard de l'agent, alors que les rebelles qui avaient voulu inspecter la cause du silence radio du hangar numéro quatre. Très vite un signal d'alarme commença à retentir alors que les rebelles semblaient se préparer à un assaut soudain. Piratant le système d'éclairage des entrepôts, le spectre plongea la zone dans un noir seulement déchiré par les lueurs des flammes de l’entrepôt en feu. Activant la vision nocturne de son casque alors qu'il s'élançait vers le hangar numéro trois, le spectre ouvrit le feu, abattant deux nouveaux rebelles avant de se mettre à couvert pour éviter des rafales cherchant à punir l'auteur de ces meurtres. Activant la com d'escouade alors qu'il ouvrait le feu sur un rebelle s'approchant dans le dos de la blonde et de Jenkins, neutralisant le rouge, l'agent laissa un rire fatigué s'échapper de sa gorge.

- Bien, on va donc voir ce qu'une bête enragée parvient à faire avec une bande de cinglés comme vous.

Un autre rire s'échappa de sa gorge, cette fois-ci plus naturel. Oui, ils étaient tous cinglés, mais lui n'échappait sûrement plus à cette règle alors, autant se concentrer sur la mission et ne plus penser à ce qu'il était avant.
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